Présidente PNACC, plaide pour le dialogue citoyen dans un contexte de conflit persistant

Éliane Véronique Eboutou, Présidente PNACC.

Alors que le Cameroun continue de faire face aux conséquences durables d’un conflit armé qui a déstabilisé, depuis plus d’une décennie, ses régions du Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, de nouvelles voix politiques attirent l’attention par leur approche axée sur la paix et la cohésion nationale.

Parmi elles figure Éliane Véronique Eboutou, présidente du parti politique Participation Nationale pour une Action Citoyenne au Cameroun (PNACC), dont l’engagement sur la crise anglophone suscite une reconnaissance croissante de la part des acteurs de la société civile et des communautés affectées.

Première femme à avoir déclaré son intention de se porter candidate à l’élection présidentielle de 2025 au Cameroun, Éliane Eboutou s’est illustrée par des appels répétés à l’accélération d’un processus de paix fondé sur le dialogue, l’inclusion et l’empathie. Sa position a trouvé un écho particulier dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où l’insécurité prolongée a entraîné des déplacements massifs de populations, la désorganisation de l’activité économique et de profondes blessures sociales.

Les organisations de la société civile actives dans ces deux régions anglophones qualifient ses interventions d’opportunes et constructives. Des observateurs soulignent que son discours se distingue des récits politiques traditionnels, notamment par sa manière d’aborder sans détour les souffrances des communautés anglophones, loin des postures défensives ou ambiguës souvent reprochées aux discours officiels.

Pour l’analyste en économie politique basé à Bamenda, Shang Peter, l’engagement d’Éliane Eboutou traduit une volonté réelle de comprendre les racines de la crise. Selon lui, ses prises de parole témoignent d’une connaissance des causes et des conséquences du conflit, tout en mettant l’accent sur la nécessité de solutions durables plutôt que de réponses sécuritaires à court terme.

Au-delà des déclarations publiques, Éliane Eboutou a également mené son plaidoyer sur le terrain. Elle demeure à ce jour la seule aspirante à la magistrature suprême à avoir visité les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au plus fort du conflit armé. Les analystes qualifient cette démarche de hautement symbolique et risquée, compte tenu du climat sécuritaire.

Sa visite à Bamenda a particulièrement retenu l’attention, intervenant peu après l’enlèvement et l’assassinat de Mme Njoko Frida, adjointe au maire de la commune de Bamenda II et présidente de section de l’Organisation des femmes du RDPC à Mezam II. Cet événement avait ravivé les craintes au sein de la classe politique et mis en lumière les dangers liés à l’engagement public dans la région.

Malgré ce contexte, Éliane Eboutou a maintenu ses rencontres avec les chefs communautaires, les responsables de la jeunesse, les associations féminines, les victimes du conflit et des membres de la diaspora. Elle a par la suite indiqué que ces échanges lui avaient permis de mieux appréhender la dimension humaine de la crise, au-delà des chiffres officiels et des débats politiques.

À Bamenda, des leaders communautaires ont souligné l’importance de sa présence. L’un d’eux a estimé qu’un leadership efficace face à la crise suppose une connaissance directe des réalités du terrain, ajoutant que sa capacité d’écoute la distingue de nombreux acteurs politiques.

La posture politique d’Éliane Eboutou est également marquée par son attachement à l’unité nationale. Bien qu’investie comme candidate du PNACC à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, elle a par la suite retiré sa candidature au profit du président Paul Biya, invoquant une convergence avec son orientation politique, notamment en matière de promotion des femmes et des jeunes dans les sphères de décision.

Ses partisans rappellent que ces engagements ont été réaffirmés lors de la prestation de serment du chef de l’État à l’Assemblée nationale, y voyant un signal positif en faveur d’une gouvernance plus inclusive.

Dans la région du Nord-Ouest, de nombreux acteurs de terrain interprètent cette décision comme un choix stratégique plutôt qu’un retrait de la vie publique. Ndi Mayenin, président du syndicat des moto-taximen de Mezam, estime que la voix d’Éliane Eboutou devrait être intégrée aux efforts nationaux de paix. Il déplore le silence de certaines élites anglophones, tout en saluant la clarté et la compassion de la dirigeante du PNACC.

Il a également rappelé l’impact particulièrement lourd du conflit sur les conducteurs de motos-taxis, nombreux à avoir été tués, kidnappés, dépouillés de leurs engins ou contraints d’abandonner leur activité. Selon lui, les groupes les plus durement touchés par la violence doivent être représentés dans tout processus de paix crédible, et les dirigeants qui en reconnaissent la réalité méritent de contribuer à l’élaboration des solutions.

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Éliane Eboutou est de plus en plus perçue non seulement comme une actrice politique, mais aussi comme une possible médiatrice capable de jeter des ponts entre les clivages linguistiques, régionaux et politiques. Son parcours, son engagement direct auprès des populations affectées et ses appels constants au dialogue ont renforcé sa crédibilité auprès de ceux qui aspirent à la fin du conflit.

Alors que le Cameroun poursuit sa quête d’une solution durable à l’une des périodes les plus éprouvantes de son histoire postindépendance, le rôle des leaders prônant l’empathie, l’inclusion et un dialogue soutenu demeure central. Pour de nombreux observateurs, Éliane Véronique Eboutou incarne une voix dont les interventions contribuent de manière significative au débat national sur la paix et la réconciliation.

Comments